Étoile de Bethléem SMB
Société missionnaire de Bethléem
CHAQUE JOUR LA PAROLE DE DIEU
Avr 03

Le Médiateur qui nous révèle le visage du Père

En ce temps de Carême, les textes nous placent devant la question décisive : que faisons-nous du Christ ? Moïse plaidait pour son peuple face à Dieu. Jésus, lui, vient de la part de Dieu pour plaider en faveur de l’humanité. Encore faut-il le reconnaître.

Moïse : le défenseur du peuple pécheur

« Maintenant, laisse-moi faire ; ma colère va s’enflammer contre eux… » (Ex 32, 10)

Alors que Dieu s’apprête à châtier le peuple d’Israël pour son idolâtrie, Moïse se dresse entre la colère et la ruine, entre l’infidélité et la promesse. Il ne nie pas la faute. Il ne justifie pas l’idole. Mais il ose rappeler à Dieu sa propre fidélité, l’alliance jurée à Abraham, Isaac et Jacob.

« Souviens-toi de tes serviteurs… » (Ex 32, 13)

Ce geste est celui d’un vrai médiateur : solidaire des pécheurs, mais aussi habité par la parole de Dieu. C’est ce rôle-là que Jésus vient accomplir, en plénitude.

Jésus : plus qu’un prophète, le témoin du Père

Dans l’évangile de Jean, Jésus parle avec une gravité qui tranche. Il ne cherche pas la gloire humaine. Il ne répond pas aux critères des religieux. Il ne cherche qu’une chose : accomplir l’œuvre de celui qui l’a envoyé.

« Les œuvres que je fais témoignent que le Père m’a envoyé. » (Jn 5, 36)

Mais cette lumière, les siens ne veulent pas l’accueillir. Ils scrutent les Écritures, sans en voir le centre. Ils honorent Moïse, mais refusent celui dont il parlait. Ils cherchent la gloire des hommes, pas celle de Dieu.

Jésus les interpelle, et nous avec eux :

« Comment pourriez-vous croire, vous qui recevez votre gloire les uns des autres ? » (Jn 5, 44)

Un appel à la foi vraie

La foi n’est pas une adhésion superficielle. C’est un déplacement intérieur, une ouverture à la vérité, même lorsqu’elle dérange. Jésus ne réclame pas des applaudissements, il offre la vie éternelle à ceux qui veulent bien l’écouter.

Sommes-nous prêts à reconnaître le médiateur, le vrai témoin, le Fils ?
Acceptons-nous que son visage soit celui du Père ?
Ou restons-nous enfermés dans nos représentations, nos sécurités, nos gloires humaines ?

Le Carême est là pour nous ouvrir les yeux, pour que nous puissions enfin voir en Jésus la parole du Père qui nous sauve.

Prière du jour

Seigneur Jésus, tu es le Fils envoyé du Père. Tu n’es pas venu pour juger, mais pour sauver. Donne-moi un cœur libre, capable de reconnaître en toi la lumière et la vie. Fais grandir en moi une foi simple, qui ne cherche pas les apparences, mais la vérité.

Amen.


Références bibliques

  • Exode 32, 7-14
  • Jean 5, 31-47

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus disait aux Juifs :
    « Si c’est moi qui me rends témoignage,
mon témoignage n’est pas vrai ;
    c’est un autre qui me rend témoignage,
et je sais que le témoignage qu’il me rend est vrai.
    Vous avez envoyé une délégation auprès de Jean le Baptiste,
et il a rendu témoignage à la vérité.
    Moi, ce n’est pas d’un homme que je reçois le témoignage,
mais je parle ainsi pour que vous soyez sauvés.
    Jean était la lampe qui brûle et qui brille,
et vous avez voulu vous réjouir un moment à sa lumière.
    Mais j’ai pour moi un témoignage plus grand que celui de Jean :
ce sont les œuvres que le Père m’a donné d’accomplir ;
les œuvres mêmes que je fais
témoignent que le Père m’a envoyé.
    Et le Père qui m’a envoyé,
lui, m’a rendu témoignage.
Vous n’avez jamais entendu sa voix,
vous n’avez jamais vu sa face,
    et vous ne laissez pas sa parole demeurer en vous,
puisque vous ne croyez pas en celui que le Père a envoyé.
    Vous scrutez les Écritures
parce que vous pensez y trouver la vie éternelle ;
or, ce sont les Écritures qui me rendent témoignage,
    et vous ne voulez pas venir à moi
pour avoir la vie !
    La gloire, je ne la reçois pas des hommes ;
    d’ailleurs je vous connais :
vous n’avez pas en vous l’amour de Dieu.
    Moi, je suis venu au nom de mon Père,
et vous ne me recevez pas ;
qu’un autre vienne en son propre nom,
celui-là, vous le recevrez !
    Comment pourriez-vous croire,
vous qui recevez votre gloire les uns des autres,
et qui ne cherchez pas la gloire qui vient du Dieu unique ?
    Ne pensez pas que c’est moi
qui vous accuserai devant le Père.
Votre accusateur, c’est Moïse,
en qui vous avez mis votre espérance.
    Si vous croyiez Moïse,
vous me croiriez aussi,
car c’est à mon sujet qu’il a écrit.
    Mais si vous ne croyez pas ses écrits,
comment croirez-vous mes paroles ? »

Pour lire les lectures du jour : AELF – 3 avril 2025.

À méditer

  • Est-ce que je reconnais en Jésus le visage du Père ?
  • Qu’est-ce qui m’empêche encore de croire pleinement en lui ?
  • Est-ce que je cherche la gloire de Dieu, ou celle des hommes ?