Du lundi 24 au vendredi 28 mars 2025, la rencontre continentale de MISAL Afrique et Europe s’est tenue à la Maison Mère de l’Institut Pontifical pour les Missions Étrangères (PIME) à Milan. Sous le thème « Formation : préparer les missionnaires aux nouvelles frontières », cette rencontre fait suite à la rencontre internationale organisée à Goa en décembre 2024 et poursuit le chemin partagé de réflexion et de collaboration entre les Sociétés Missionnaires de Vie Apostolique.
PIME : Une société missionnaire enracinée dans l’histoire, ouverte à l’avenir

La Casa Madre de l’Institut Pontifical pour les Missions Étrangères (PIME) à Milan, récemment rénovée, lieu de la rencontre continentale MISAL 2025.
Accueillant la rencontre continentale de cette année, le PIME a ouvert ses portes aux délégués dans sa Maison Mère à Milan. Fondé en 1850 par Mgr Angelo Ramazzotti, le PIME est le premier institut missionnaire créé en Italie. En 2025, il célèbre son 175e anniversaire — un moment opportun pour se rassembler et réfléchir à la formation des missionnaires pour un monde en mutation.
Le PIME est une Société de Vie Apostolique composée de prêtres et de laïcs. Ils consacrent leur vie à l’annonce de l’Évangile et à la promotion du développement humain, en particulier dans les périphéries du monde. Fort de plus de 450 membres actifs dans 19 pays, l’Institut s’est transformé en un corps véritablement multiculturel, les vocations venant aujourd’hui principalement des territoires de mission.
À travers près de deux siècles d’évangélisation sur plusieurs continents, le PIME a fondé des diocèses, créé des ponts entre les cultures et adapté sa formation aux besoins des Églises locales. Son identité reste ancrée dans l’écoute attentive des pauvres et dans la disponibilité pour les nouvelles frontières de la mission.
« Un amour supplémentaire est requis » : Allocution d’ouverture du cardinal Giorgio Marengo

Allocution d’ouverture du cardinal Giorgio Marengo.
La rencontre s’est ouverte avec une intervention en ligne marquante du cardinal Giorgio Marengo, I.M.C., préfet apostolique d’Oulan-Bator et missionnaire de la Consolata. À seulement 48 ans, il est le plus jeune membre du Collège des cardinaux — un symbole d’une Église enracinée dans les périphéries et animée par une créativité pastorale. Son message était direct : « Un amour supplémentaire est requis ».
Le cardinal Marengo a partagé son expérience en Mongolie et décrit la formation missionnaire comme un chemin dynamique façonné par des tensions qu’il ne faut pas éliminer, mais accueillir. Identité et altérité, solitude et sociabilité, responsabilité personnelle et vie communautaire — il ne s’agit pas de contradictions à résoudre, mais de réalités à maintenir en équilibre.
La véritable formation missionnaire, a-t-il affirmé, demande à cultiver cet équilibre intérieur et à favoriser un style de leadership profondément synodal. « La synodalité », a-t-il insisté, « commence par apprendre à déléguer — et ainsi créer l’harmonie ».
Il a parlé de la formation non pas comme d’un simple apprentissage technique, mais comme d’un chemin spirituel. Ce qui compte, ce n’est pas la compétence, mais le caractère. La formation doit mener à quatre fondamentaux : profondeur spirituelle, humilité, bon sens et capacité à construire la communauté. Au cœur du discernement se trouve l’honnêteté : « Nous devons être honnêtes avec les candidats et les aider à voir si leur appel est vraiment enraciné dans un plus grand amour pour le Christ ».
Marengo a également abordé la question de l’interculturalité : « Ce n’est pas une idéologie, mais l’expression de l’amour de l’autre ».
Neuf sociétés missionnaires, une même préoccupation : la formation aujourd’hui

Le P. Ludovic Nobel présente le parcours de formation des Missionnaires de Bethléem en Afrique, enraciné dans la vie communautaire et la spiritualité de l’Incarnation.
La session suivante a réuni neuf sociétés missionnaires dans un dialogue partagé sur la promotion des vocations et la formation. Bien que leurs contextes varient considérablement — de l’Asie à l’Afrique, en passant par l’Europe — les préoccupations ont trouvé un écho commun.
Le père Stanley Lubungo des Missionnaires d’Afrique (M.Afr.) a décrit un modèle de formation ancré dans la prière, l’expérience et l’étude. Il a souligné l’urgence de former non seulement les candidats, mais aussi les formateurs.
Les Missions Étrangères de Paris (MEP) ont présenté leur approche à deux volets : un service bénévole de courte durée et un cheminement de long terme pour ceux qui discernent une mission à vie. La formation, ont-ils affirmé, doit encourager une « spiritualité incarnée », où l’on naît progressivement à un peuple et à une culture.
Le père Joseph William Partiraj des Missionnaires de Marie Immaculée (MMI) a parlé d’une intégration entre théologie, réflexion existentielle profonde et engagement contextuel.
Pour la Société des Missions Africaines (SMA), l’accent a été mis sur la formation interculturelle et communautaire, comme l’ont souligné les pères Antonio Porcellato et François de Paul Houngue. Le père Adelino Ascenso de la Sociedad Misionera de Boa Nova (SMBN) a insisté sur l’accompagnement patient des jeunes, notamment dans les communautés multinationales.
La Société des Prêtres de Saint-Jacques (SPSJ), avec les pères Michel Briand et Francklin Gracia, a présenté un modèle enraciné dans la proximité avec les pauvres — notamment en Amérique latine et en Haïti.
Le père Andrei Oplindo Paz de la Société de Saint-Colomban (SSC) a indiqué qu’ils ont cessé de recruter activement, préférant se concentrer sur le témoignage authentique : « Les gens viennent parce qu’ils voient quelque chose de vrai ».
Le frère Massimo Cattaneo du PIME a exposé des stratégies différenciées de vocation pour l’Italie, l’Afrique et l’Asie, fondées davantage sur le discernement que sur la promotion.
Pour les Missionnaires de Bethléem (SMB), le père Ludovic Nobel a apporté une perspective façonnée par la tradition spirituelle profonde de la Société. Il a décrit un chemin de formation qui ne commence pas par l’action, mais par la vie communautaire. Au cœur du charisme des SMB se trouve le mystère de l’Incarnation vécue à Bethléem — un lieu de pauvreté, de simplicité et de présence cachée. Pour les SMB, cette conviction façonne un parcours de formation qui s’étend sur sept à dix ans, commencé dans la prière quotidienne, les responsabilités partagées, l’apprentissage du pardon, de l’écoute, et du cheminement fraternel. « Avant de faire la mission », a-t-il dit, « il faut vivre avec Jésus et avec les autres ». C’est dans ce contexte, a-t-il souligné, que l’esprit missionnaire prend chair : non pas dans les grands projets, mais dans la fidélité silencieuse de la fraternité quotidienne. « C’est le seul terreau où la mission peut croître ».
Tous les participants ont reconnu une même conviction : la formation n’est pas une usine. C’est un long chemin de croissance, enraciné dans l’amour du Christ et l’ouverture à l’autre.
Au fil des jours suivants — mercredi et jeudi — les participants se sont répartis en petits groupes pour approfondir leur réflexion. Ils ont échangé leurs points de vue sur les aspects clés de la formation initiale et continue, comparant leurs stratégies et les défis rencontrés dans leurs divers contextes. Ces conversations ont renforcé la compréhension mutuelle et nourri l’esprit de collaboration qui caractérise MISAL.
Mgr Gilbert Gosbert : Une formation avec esprit missionnaire — une priorité pour toute l’Église

Mgr Gilbert Gosbert, membre du Dicastère pour l’Évangélisation, préside la célébration de l’Eucharistie dans la chapelle Saint-Sigismond de la basilique Saint-Ambroise.
Le mercredi matin, Mgr Gilbert Gosbert, membre du Dicastère pour l’Évangélisation, s’est adressé à l’assemblée. S’appuyant sur son expérience pastorale et curiale, il a expliqué pourquoi l’esprit missionnaire doit être au cœur de toute formation ecclésiale aujourd’hui.
Il a mis en garde contre une réduction de la formation à l’académisme ou aux structures, soulignant que celle-ci doit former des disciples missionnaires habités par le désir de vivre le Royaume. « On peut être appelé missionnaire », a-t-il dit, « sans porter l’esprit missionnaire — c’est là le danger ».
Il a plaidé pour une attention à l’histoire personnelle des candidats, une formation sérieuse à la maturité humaine et affective, ainsi qu’un engagement renouvelé pour la protection des personnes. Il a également énuméré les défis à venir : culture numérique, interculturalité, dialogue interreligieux, injustice sociale — autant de domaines nécessitant une formation courageuse, enracinée et spirituelle.
Il a insisté sur l’importance de la formation continue des formateurs eux-mêmes : « La qualité de la formation dépend de la vie intérieure de ceux qui la donnent ».
Le jeudi, dans une seconde intervention, Mgr Gosbert a développé deux axes : nourrir le zèle missionnaire et renforcer la capacité d’évangélisation. Le témoignage de vie, la catéchèse, la coresponsabilité, la patience, l’attention aux jeunes, aux familles et aux femmes ont été nommés comme essentiels à ce renouveau.
Moments de culture et de communion

Visite du Musée de l’Institut Pontifical pour les Missions Étrangères, situé dans la Casa Madre à Milan.
La rencontre a aussi été ponctuée par des moments de culture et de prière. Le mardi, les participants ont visité le Musée du PIME, qui conserve des objets provenant des missions et des effets personnels de missionnaires martyrs. Un concert de chansons italiennes a suivi.
Le mercredi après-midi, ils ont visité la basilique Saint-Ambroise et célébré l’Eucharistie dans la chapelle Saint-Sigismond. Plus tard, ils se sont rendus au séminaire théologique international du PIME à Monza, où ils ont rencontré et échangé avec les 40 séminaristes venus d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine.
Le jeudi après-midi a été consacré à la découverte du Dôme de Milan et de sites archéologiques voisins.

Excursion au Dôme de Milan et découverte de sites archéologiques voisins.
Session finale : En regard vers l’avenir
La rencontre s’est conclue par une session finale d’évaluation et de programmation. Les participants ont exprimé leur gratitude envers le PIME pour son accueil chaleureux et l’excellente organisation.
Parmi les suggestions évoquées : améliorer les options de participation en ligne, maintenir un esprit synodal d’écoute et de collaboration, partager les ressources de formation, et explorer le statut juridique de MISAL.
La prochaine rencontre continentale MISAL aura lieu à Lisbonne, au Portugal, du 5 au 9 avril 2027. Elle sera organisée par la Sociedad Misionera de Boa Nova.

Les délégués de MISAL 2025 après la messe dans la chapelle Saint François Xavier de la Casa Madre du PIME.
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